|
|
||||||||
|
La chronique de Laurent Lacherez est publiée régulièrement sur le site MaChronique.com.
Aujourd’hui, plus aucun domaine de la
vie n’échappe à la vague déferlante du coaching. Mais
si faire appel à un coach pour apprendre à faire son ménage,
éduquer son chien ou perdre quelques livres ne présente a
priori aucun danger, en est-il de même pour la coach thérapie?
La question divise. Ni
simplement coaching ni purement thérapie, la coach thérapie
aspire à faire retrouver un bien-être aux personnes
fragiles, perdues ou angoissées. Une pratique louable quand
elle est dispensée par des gens compétents, néfaste si
elle est prodiguée par des individus peu scrupuleux. En
effet, ni le titre de coach ni celui de thérapeute (au sens
de psychothérapeute) ne sont réglementés au Québec. Un
flou juridique que certains psychologues perçoivent comme
une porte ouverte à des pratiques douteuses. C’est en
tout cas l’avis de François Leduc, psychologue du travail
et des organisations et coach professionnel, qui estime en
effet que le coaching et la thérapie sont deux pratiques
tout bonnement contradictoires : «En coaching, nous
sommes centrés sur le présent et le futur désiré en plaçant
la personne comme acteur de sa vie. Nous cherchons à lui
faire atteindre des objectifs dans lesquels elle percevra
des gains à court terme. En psychothérapie, la personne se
plie à l’approche théorique du thérapeute qui repose
sur l’analyse à long terme du passé. Cette contradiction
laisse à penser que la coach thérapie est une pratique
assez obscure qui peut avoir des effets négatifs sur le
psychisme du client.» Un
point de vue attesté par deux clients de Laurent Lacherez.
Ils ont choisi la coach thérapie, car ils refusaient «d’être
pris par la main». Si l’un affirme que cette médecine
douce lui a donné des outils pour mieux se connaître et écouter
sa «petite voix intérieure», la seconde a apprécié «cette
approche constructive mêlant écoute attentive et exercices
pratiques.» Gagner en transparence Mais
si les avis de François Leduc et Laurent Lacherez divergent
sur cette profession, tous deux s’accordent sur
l’importance de son encadrement et invitent chacun à
faire preuve de vigilance. «La transparence du coach thérapeute
envers son client permet d’instaurer un climat de
confiance essentiel pour obtenir des résultats, estime
Laurent Lacherez. Dès que je suis contacté par un
nouveau client, je lui fais aussitôt part de mes
formations, lui explique ma vision de la coach thérapie et
le déroulement des séances. À lui de juger si je lui
conviens ou non et vice-versa. Il m’est en effet arrivé
de rediriger une personne, car je me rendais compte que je
ne pouvais pas l’aider. Un coach thérapeute doit se
sentir outillé face aux clients, envers qui nous avons une
certaine responsabilité. Nous pouvons leur faire du bien
comme du mal. Au Québec, il est grand temps de se
pencher sur la coach thérapie et d’exiger un minimum de
formation pour la pratiquer. J’espère que cela nous
permettra de gagner en transparence et en crédibilité.»
|
|
|||||||