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La chronique de Laurent Lacherez est publiée régulièrement sur le site MaChronique.com. Le labyrinthe du bonheur
La quête du bonheur habite de nombreuses personnes et malgré tous les progrès technologiques et une qualité de vie globalement plus confortable qu’il y a deux siècles, nombreux sont ceux qui ressentent un mal être, un manque de souffle à leur vie et se sentent malheureux. En témoignent les nombreux ouvrages en librairie sur le sujet, le bonheur suscite un intérêt croissant. Beaucoup de questions appellent des réponses, mais aboutissent souvent à de nouvelles interrogations. Alors, qu’est-ce que le bonheur? Tout le monde peut-il être heureux, peu importe ce qu’il vit? Quelles sont les conditions utiles à cet état tant désiré? Autant de directions à explorer pouvant aboutir à des réponses multiples, à l’image de la diversité et de la complexité de l’être humain. Loin de se résumer à une simple théorie ou une formule magique, le bonheur est certainement une expérience personnelle à vivre, s’appuyant sur une philosophie de vie permettant d’appréhender les évènements de la vie avec certaines qualités. Celles-ci peuvent varier d’une personne à l’autre, mais d’une manière générale, le courage, l’accueil, l’adaptation, l’humour, la compréhension, le lâcher-prise sont des atouts bien utiles dans le jeu de la vie. Le bonheur se construit au sein de la vie elle-même, à son image. Aussi, loin d’être seulement le sommet de la montagne à gravir, il est aussi la pente conduisant à la cime. Confondre l’importance du but avec l’importance du chemin parcouru revient à se priver de la joie qui jalonne le sentier et vous offre aussi un aperçu de votre aptitude au bonheur. Dans cette optique, il semble que le bonheur réside davantage dans le verbe être qu’avoir, bien qu’un minimum me semble indispensable pour l’incarner. C’est en incarnant le bonheur, en le vivant dans la succession d’instants présents qu’une sagesse s’installe en soi, que notre regard sur le monde et autrui s’ouvre, avec compassion et tolérance. Le bonheur s’inscrit donc davantage dans une perception du monde au jour le jour qui se crée quotidiennement, tout en faisant partie d’une ligne directrice à moyen terme. Ainsi, vous maintenez en éveil votre capacité d’adaptation et vous vous offrez la possibilité d’être surpris par les imprévus en cours de route. Loin d’être un état de naïveté, comme certaines personnes pourraient le croire, le bonheur réside dans la conscience que la vie est ambivalente, qu’elle est à la fois joie et peine, plaisir et déplaisir, santé et maladie. Cependant, en demeurant certain que le chemin choisi est approprié à nos capacités, nous pourrons savourer les découvertes qui jalonneront notre parcours, et ce, malgré les obstacles et mauvaises surprises. Et, si l’itinéraire ne vous convient plus, de deux choses l’une, soit vous faites fausse route, soit vous devenez votre propre ennemi en désirant tout avoir immédiatement, au lieu de vous souvenir que vous avez la vie entière pour profiter de tout ce qu’elle peut vous offrir. Cela ne vous rappelle pas quelqu’un? Courir sans cesse après le bonheur dans l’espoir, souvent illusoire, que vous serez pleinement heureux lorsque vous aurez, enfin rencontré l’amour de votre vie, que vous trouverez le boulot idéal, que vous aurez un ventre plat ou des lèvres pulpeuses ne peut que vous conduire vers la souffrance. Rien n’est plus irréaliste que d’imaginer le bonheur comme un état idéal où toute souffrance à disparu, où chaque chose est comme vous désirez qu’elle soit. Les croyances au sujet du bonheur conditionnent des attentes utopiques et participent à créer votre malheur présent comme futur, en commençant par l’engendrer à l’intérieur de vous, dans votre esprit. Aussi, un des chemins conduisant au bonheur pourrait être bien être celui qu’emprunte les virus de pensées qui circulent allègrement entre vos deux oreilles. Ces derniers portent des costumes aussi invisibles qu’anciens et peuvent avoir des apparences aussi variées que : « Je ne mérite pas cela… le bonheur, cela ne dure jamais… je ne serais vraiment heureux que lorsque… je ne vaux rien; je n’y arriverai jamais, etc. … » Il est certain qu’en pensant ainsi, vous allez davantage créer votre malheur que votre bonheur. Certes, il est plus facile de raisonner ainsi. Cela exige moins de courage, d’observation de soi et de vigilance, mais à quel prix? La souffrance, le malheur, la dépression, l’anxiété… Prendre son bonheur en main, cela implique se prendre en main soi-même, aujourd’hui et maintenant, ne serait-ce qu’en commençant par modifier une pensée, par un petit pas. Le bonheur étant aussi contagieux qu’un sourire peut circuler d’un visage à un autre, modifier vos virus de pensées fera boule de neige en modifiant progressivement votre conception du bonheur. Remettez en question votre perception de la montagne influencera votre relation avec vous-même, votre jugement, vos comportements, votre énergie à aller de l’avant et vos relations avec autrui… la montagne devenant colline puis caillou. Apprendre à être heureux implique de cesser de croire que ce nous pensons est toujours vrai, mais qu’il s’agit plutôt d’une hypothèse à valider dans des expériences variées. Il est préférable de définir un cadre dans lequel elle a de fortes chances de devenir une vérité, sans nécessairement couler celle-ci dans le béton et se dire que vous avez réussi, que vous êtes tranquille jusqu’à la fin de vos jours. S’il y a bien une chose utile dont vous pourriez être sûr pour rester connecté au bonheur : c’est que vous ne pouvez pas prendre une vérité pour acquis! Vous découvrirez ainsi par vous-même, et pour vous, ce qui est vrai et ne l’est pas, quand et comment. Vous gagnerez en sagesse, en connaissance de soi. Vous développerez une sagesse puisée dans vos expériences de vie et qui servira de fondation à la construction de votre bonheur. Parfois, le passé interfère avec le présent. Une situation vient « nous chercher émotionnellement » en nous rappelant ce qui s’est produit et risque, soi-disant, de se reproduire. Dites stop à cela. Affirmez haut et fort dans votre esprit que vous prenez les choses en main pour créer plus de bonheur dans votre vie. Trouvez des fusibles qui vont vous empêcher d’alimenter des pensées en lien avec vos émotions passées et qui pourraient se renforcer en s’appuyant sur la situation présente. Le bonheur, c’est savoir vivre le présent en apprenant à entrer en soi par l’observation, à chaque instant, de ce qui vous habite et compose votre compréhension de ce que vous vivez. Cet état ne peut être atteint sans un réel et ferme engagement de rester éveiller à ce qui se passe en soi, sans jugement ni condamnation, mais plutôt en accueillant ce qui est. À chacun son chemin du bonheur qui consiste alors à trouver l’équilibre entre la peur d’être humain et la merveille de l’être
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