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La chronique de Laurent Lacherez est publiée régulièrement sur le site MaChronique.com. Psychothérapie en ligneJ'ai eu l'occasion dernièrement de regarder sur Internet un petit reportage français au sujet de la prolifération de consultations thérapeutiques via le Web. En voici le lien pour ceux et celles que cela intéresse : http://telematin.france2.fr/?page=chronique&id_article=13466 Certes, ce type de service à ses forces et ses faiblesses, comme bien des choses en ce monde. Au delà de ces considérations, je m'interroge sur la pertinence de ce moyen de communication et le contexte pouvant assurer un maximum d’efficacité à cette forme de psychothérapie. Évidemment, consulter en ligne offre la possibilité de gagner du temps en déplacement, de diminuer son empreinte écologique en n’utilisant pas son véhicule (si tel est le cas), de dépasser la nervosité du premier rendez-vous, etc. … mais d'un autre côté, elle ouvre grand la porte à divers services offerts par de soi-disant professionnels dont la formation et le cursus sont parfois occultés. Certains disent même que la psychothérapie en ligne, par clavardage, permet un anonymat plus bénéfique pour le client. Permettez-moi d’en douter, et pour au moins deux raisons. La première raison est que la psychothérapie, à mon humble avis, se doit d'offrir au client un espace où celui-ci peut s'ouvrir et se montrer tel qu'il est, en faisant tomber les masques et en s’assumant. Après tout, n'est-ce pas dans l'authenticité d'une réelle relation à soi puis avec l'autre, que la découverte de réponses et de solutions durables est possible? Il convient particulièrement dans ce type de démarche d’apprendre à s’accepter et se voir tel que l’on est. La rencontre visuelle est justement un moyen sans pareil pour exprimer ses vérités dans une relation exempte de jugement. En outre, elle permet au client d’avoir une réelle opportunité d’oser dire et être ce qu’il est, sans omissions, sans compromis et par le langage verbal et non verbal. Alors lorsque j’entends qu’une psychothérapie est possible uniquement par le clavardage, je m’interroge sur les conséquences de cette forme de communication. D’ailleurs, j’ai eu l’occasion de constater au travers de témoignage de plusieurs clients, que l’utilisation abusive du clavardage diminue l’habileté à s’exprimer directement, particulièrement dans un contexte délicat et confrontant. Gardons présents à l’esprit que la communication est un apprentissage qui requiert de la pratique ainsi que plusieurs qualités que l’on développe justement en communiquant. Communiquer signifie autant savoir transmettre un message qu’écouter. Bien entendu, je crois volontiers que l’écriture est une belle manière d’effectuer un travail sur soi. Restons vigilants sur la manière dont elle est utilisée et vécue. Le deuxième argument que j’avance porte sur le mécanisme d'évitement, qui tend à maintenir les difficultés. Je m'explique. Par exemple, si je travaille avec un client vivant de l'anxiété et faisant des crises d'angoisse. Le fait d'avoir à se déplacer lui offre l'occasion de faire face à son défi. À chaque fois qu'il se rend au bureau malgré son angoisse, il vient de gagner une bataille et de reconquérir sa confiance! Si cette même personne consultait par webcam, alors que la distance à parcourir est acceptable, je ne suis pas sûr que sa réelle motivation serait de gagner du temps, mais bel et bien d'éviter une situation anxiogène et se faisant, de contribuer à maintenir sa difficulté dans son quotidien. Le thérapeute devenant alors complice. Il existe évidemment d’autres raisons. Ai-je vraiment besoin de mentionner l’étrangeté de raconter sa vie intime à une personne inconnue, dont vous ne pouvez même pas vérifier les compétences, l’expertise et le sérieux, car le thérapeute ne se présente pas sur le site où il offre ses services, comme j’en ai vu pour plusieurs? Vous ignorez donc tout de son parcours, de ses formations, de ses méthodes et de son approche. Je ne parle pas de devenir ami avec votre thérapeute ni de connaître sa vie privée, mais d’inscrire une démarche de développement personnel dans un contexte humanisé et non uniquement artificiel me semble essentiel. Quant aux professionnels qui vont jusqu’à offrir des conseils, on s’éloigne de l’éthique initiale et des postulats de base garants d’une recherche de solutions adéquate pour le client, tout en respectant ses valeurs, son éducation, sa religion et ses aspirations personnelles. Suggérer des outils, des exercices pour permettre au client de mieux gérer ses émotions, de développer ses capacités ou d’améliorer son estime aident à celui-ci de rester responsable du processus et de vérifier par sa propre expérience les bienfaits qu’il peut en retirer. Le thérapeute ne faisant que montrer des portes que le client explore, ou pas, à sa guise. En revanche, dispenser des conseils prive le client de la reconquête de son autonomie, d’une fierté et d’une confiance dont l’existence devient tributaire d’une tierce personne. Quel que soit le mode de consultation choisi, il est essentiel de s'assurer de ses réelles motivations, afin que celles-ci ne constituent pas de pseudo-excuses renforçant la problématique. Par ailleurs, client et thérapeute pourraient s’assurer mutuellement des motivations pour ce type de consultation et du motif de la démarche. Ainsi, il sera possible de définir avec pertinence la possibilité d’appliquer les outils propres à l’approche thérapeutique (ce qui n’est pas toujours le cas en séance virtuelle) et d’optimiser les résultats visés. Alors, pour ou contre? N’hésitez pas à partager votre opinion et vos expériences sur le forum de discussion accessible à partir du menu.
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