filleraccueilnouveautesapprochevisionpnloutilsservicesprogrammescoaching amoureuxcoaching webcamphytotherapieateliers conferencesressourceschroniquesebookspartenairesmediastemoignagescontacts

Ressources > Chronique

La chronique de Laurent Lacherez est publiée régulièrement sur le site MaChronique.com.

Perfectionnisme et insatisfaction: la recette de la procrastination?

Au début de ma vie professionnelle, j’ai eu la riche occasion de collaborer en France avec une attachée de presse dont la rigueur et le souci du détail m’ont d’abord irrité pour finalement me rendre compte que c’était des atouts précieux, garants d’une recherche de qualité dans la communication écrite et orale. Loin d’être paralysante, cette recherche du travail bien fait offrait une réalisation satisfaisante des mandats.

En revanche, si ce souci de la perfection peut s’avérer fort utile pour se dépasser et renforcer certaines de ces aptitudes, elle peut constituer pour de nombreuses personnes un danger et une inaction.

Sous le couvert du perfectionnisme, beaucoup justifient leur manque de résultats, de bonheur dans leur vie sous prétexte de vouloir absolument bien faire les choses, d’obtenir les détails justes, idéals. Du coup, au lieu de s’exposer à la peur de commettre une imperfection, l’immobilisme s’installe et rien n’est fait! Comme si c’était la meilleure chose à faire. N’est-ce pas d’ailleurs une erreur en soi? Effectivement, celui qui ne fait rien ne risque pas de s’exposer à la critique, au rejet comme beaucoup l’appel. En réalité, ne s’agit-il pas plutôt de s’offrir des opportunités de croissance et d’amélioration en exposant aux autres nos créations, quelles qu’elles soient, et de se parfaire?

Au lieu d’exprimer son originalité, de développer un talent caché, une passion, d’oser être soi, on tombe dans une censure qui banalise notre élan créateur, la vie qui circule en nous et les passions qui nous animent. Le perfectionnisme rime souvent avec insatisfaction. Ce qu’il fait ou dit n’est jamais assez bien. L’idéal utopique prenant le dessus sur ce que je me plais à nommer « la perfection de l’imperfection ».

Bien sûr, certains argumenteront qu’il s’agit là d’une recherche du meilleur de soi. Baliverne! Rien n’est plus éloigné de la réalité, car en refaisant sans cesse, par insatisfaction, la dissertation que vous avez à rendre, une peinture, un croquis, le livre que vous écrivez depuis des années, vous donner surtout de la force à cette partie de vous qui vous fait croire que ce ne sera jamais assez bien, que ce n’est pas suffisant, et vous le referez, encore et encore, ou vous laisserez tomber, tout simplement, prétextant une période de réflexion. O combien plus confortable que ce confronté à chaque fois à l’auto jugement, décevant, de votre oeuvre. Mais dites-moi, que feriez-vous, qu’oseriez-vous être si vous ne deviez pas le faire à la perfection?

Le coaching offre l’accès à cette force intérieure en soi, de soulever ses propres limites et de réaligner sa perception de ce que l’on est, et fait à la lumière de ses motivations profondes. C’est un peu comme aligner les différentes composantes de son Être. Tel un arc, vous ne devenez alors plus qu’un avec votre instrument. La flèche ainsi tendue ne pourra qu’atteindre sa cible, d’une manière ou d’une autre. Osez décocher, même si vous n’atteignez pas le petit centre rouge, vous permettra déjà en soi de remporter une victoire : celle d’avoir pris le risque d’essayer et d’apprendre! Quelle fierté de l’avoir fait, au-delà du résultat escompté, ne croyez-vous pas?

Mais alors, qu’est-ce que prendre des risques? Confronter l’illusion de notre sentiment de sécurité face à l’inconnu? Risquer de paraître idiot, de tomber alors qu’on peut très bien se relever? Ou bien s’agit-il de laisser aller ses propres limites, et valider par l’expérience si elles nous sont encore vraiment utiles, si elles nous procurent plus de bonheur ou nous incitent à la procrastination?