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La chronique de Laurent Lacherez est publiée régulièrement sur le site MaChronique.com.

Angoisse de séparation: chez les petits et les grands!

L’angoisse de séparation se caractérise souvent par une forte appréhension à l’idée d’être séparé d’une personne ou d’un lieu particulièrement sécurisant, rendant la personne anxieuse et moins autonome. Les raisons sont diverses et varient selon que cette forme d’anxiété touche l’adulte ou l’enfant. Quoiqu’il en soit, le lien émotionnel créé avec l’objet (ou la personne) perdu(e) est fort. Cette perte tend à occasionner un vide affectif qui peut prendre au dépourvu. Le plus souvent, cette forme d’angoisse se manifeste au travers de divers comportements, plus ou moins agréables pour l’entourage et pour soi, mais qui expriment un besoin de garder le contact, au risque d’en retirer des conséquences déplaisantes, voir même l’effet inverse du rapprochement recherché.

Par exemple, chez le jeune enfant dont les parents se séparent, la disparition parfois soudaine du père ou de la mère amène une transformation du quotidien. Cette source de confrontation à quelque chose qui semblait immuable suscite souvent des inquiétudes quant à la pérennité des autres liens émotionnels importants, notamment vis à vis du parent ayant la garde principal.

L’enfant qui se retrouve à composer avec des peurs nouvelles manque encore d’outils pour parvenir à s’adapter à une nouvelle réalité qu’il perçoit comme menaçante. L’intervention d’un adulte, et en tout premier lieu des parents, est essentielle pour permettre à leur progéniture de cheminer dans sa compréhension de ce qui se passe tout en faisant face à ses appréhensions. Ainsi, l’enfant pourra à l’aide de ses parents développer la pensée, qui sera ensuite validée par l’expérience, que même si papa et maman ne sont plus ensemble, chacun d’eux continue d’exister et d’être présent dans sa vie, d’une manière qui pourra être précisé avec lui afin de restaurer une confiance.

Il est intéressant de remarquer que l’on retrouve aussi ce type de défi chez les animaux, notamment le chien. L’angoisse de séparation, que certains préfèrent nommer l’hyper attachement, se retrouve facilement chez un animal qui, après avoir vécu la séparation nécessaire au développement de sa propre autonomie, est adopté par une famille, à laquelle il a tendance à se lier affectivement d’autant plus fort qu’il vient d’expérimenter une séparation récente. Dès que l’animal se retrouve seul, son anxiété va surgir, lui faisant perdre un peu la tête et l’amenant à se défouler, non par vengeance, mais par moyen de soulagement, sur les meubles, les souliers, les oreillers etc. …

Chez l’adulte, l’angoisse de séparation tend davantage à se manifester lorsque, par exemple, un homme rentre dans la vie d’une femme et comble un manque, un vide dans un des domaines de sa vie, comme l’amitié. L’intensité du lien qui se développe ainsi est proportionnelle à la taille du vide éprouvé par cette femme, sans nécessairement dépendre de la qualité des moments partagés. En effet, il suffit parfois qu’une personne apparaisse pour tromper un ennui latent afin qu’un attachement se développe. L’impression de satiété relationnelle procure une satisfaction sans pour autant réellement combler les véritables besoins de cette femme, et de cet homme. L’angoisse de séparation couve alors, prête à éclore dès que l’un des deux cessera d’occuper une place dans la vie de l’autre. Il en résultera un réveil douloureux face à un vide qui semblait auparavant rempli. Pourtant, est-ce la finalité d’une relation : combler un vide?

Malgré l’apparente facilité et la grande tentation que cela peut représenter, il est souvent préférable en vue d’un bonheur durable, de consacrer une partie de son temps à développer différentes sources de nourriture émotionnelle afin de combler sa vie de différentes manières, sans que cela dépende d’une seule et même personne. Ainsi, dans notre exemple, il serait question de développer de nouvelles amitiés.

Parallèlement, il peut être pertinent pour certains d’apprivoiser la séparation, dans le sens de coupure, que ce soit au niveau du logement, professionnel, social, religieux, familial, amical. Cela favorisera l’acquisition de comportements conduisant à une forme d’autonomie qui saura insuffler la confiance nécessaire en sa capacité à créer des relations sur une base affective satisfaisante et vivante, au lieu de relations de survie.